Quand le chat se confine, les souris dansent !

Depuis plus d’un mois, ça ne vous aura pas échappé, sauf si vous êtes Nord-coréen et, alors, votre quotidien n’a pas beaucoup changé, nous sommes confinés. L’occasion pour moi comme pour vous de prendre du temps pour soi, de lire, de travailler d’une manière différente (pas trop évidemment), de regarder des séries, des films, mais surtout, de se reposer. Et nous, humains, ne sommes pas les seuls à nous reposer et à tenter de nous ressourcer. Ce confinement, qui nous est imposé à tous, montre quelque chose d’incroyable, d’impensable il y a quelques mois : la nature semble prendre, elle aussi, le temps de souffler et de se soigner.

C’est comme une trêve pour l’environnement. Les hommes restent chez eux, l’économie et la production tournent au ralenti et les voitures disparaissent des routes. Par conséquent, les rivières se vident de leur pollution et les émissions de gaz à effet de serre diminuent. Partout dans le monde où le confinement a été instauré, on observe des phénomènes que l’on n’avait plus vus depuis des lustres.

Ainsi, à Venise, ville complètement cloîtrée (et pour cause, l’Italie est le pays d’Europe le plus atteint par le Covid-19), l’eau des canaux devient limpide, preuve de la pollution dont elle est victime en temps normal quand elle est totalement opaque. On parvient même à y observer des poissons. Pour certains Vénitiens, c’est la première fois qu’ils en voient dans les eaux de leurs canaux !

Les émissions des gaz à effets de serre ont, elles aussi, pris congé de la planète. Et pas pour se lancer dans le télétravail ! Une conséquence du ralentissement de l’économie de grands pays polluants et des voitures qui désertent les grands axes routiers. L’absence de voitures qui se fait aussi ressentir dans les villes permet à ces dernières de retrouver un calme plat. Pour le plus grand bonheur des citadins qui peuvent entendre les oiseaux chanter à nouveau dans les grands centres urbains.

On a aussi pu observer des dauphins dans des ports italiens. En général, ces animaux ne s’approchent pas des ports où il y a d’habitude beaucoup d’activité. Mais, avec les marins et leurs bateaux cloués à quai, certains ont pu les voir de très près.

Et puis, les grands amateurs de sport le savent, la saison de football a été clôturée prématurément. Alors doit-on prendre en compte le classement de cette année incomplète ? Pour les cerfs de la région de Reims, la question ne se pose pas, ils sont bien loin de toutes ces inquiétudes et ne pensent qu’à gambader sur les terrains désertés !

Voilà plusieurs bonnes nouvelles qui peuvent vous donner le sourire. Ce qui est sûr, c’est que le confinement rééquilibre un peu les choses : la nature reprend petit à petit ses droits. Cependant, se réjouir trop vite serait une erreur. La Chine a déjà annoncé qu’après la crise, ses intérêts économiques passeront avant les enjeux climatiques. Pareil pour de nombreux autres pays qui ont demandé l’abandon des normes environnementales pour favoriser les entreprises touchées par le Covid-19.

C’est pour cela que pour nous, citoyens, qui vivons cette crise, la question du jour d’après se pose. Allons-nous suivre la piste de la relance économique qui semble choisie par les grands de ce monde ? Et donc produire et consommer encore plus qu’en temps normal pour permettre à notre économie de repartir à vive allure pour rattraper le temps et l’argent perdus ?  Ou, au contraire, allons-nous tirer les enseignements de cette crise  et prendre conscience que nous vivons dans un modèle de société devenu ingérable pour la planète et les hommes eux-mêmes ? La course au profit est-elle plus importante qu’une planète où il fait bon vivre pour tous ? 

Il ne nous reste plus qu’à espérer que cette trêve ne sera pas juste un cessez-le-feu temporaire. Un autre monde est possible, c’est le moment de le penser…

Lucien Mélon, 5 GTA

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