Fouillons le passé de notre école

Nul besoin de vous faire remarquer que notre très chère école, l’Institut Sainte-Marie, ne date pas d’hier.  Effectivement, votre oeil averti aura sûrement aperçu quelques éléments qui en témoignent : le cimetière des Soeurs, les bâtiments en pierre de l’ancien couvent, la chapelle, les statues qui ornent le parc … 

Nous avons voulu en savoir un peu plus sur le passé de l’ISM. Que d’ailleurs, les parents/grand-parents de certains d’entre nous ont connu… Nous somme donc allés interrogé d’anciennes élèves : deux soeurs pensionnaires au couvent et Madame Baudart, professeure de sciences à l’ISM.

Avant cela , nous allons faire un petit bond dans le temps pour revenir à la création de notre école.  En 1819, l’Abbé Baudy a l’idée de donner une instruction et une éducation aux jeunes filles. Il crée donc une école primaire et un pensionnat avec l’aide de Marie-Françoise Lorsignol et de Désirée Gossée, toutes deux institutrices. Malheureusement,  il meurt bien vite, à 57 ans, et le flambeau passe à son neveu l’Abbé Rousseau. Le projet prospère pendant de longues années et finalement, le 28 mars 1835, Marie-Françoise Lorsignol est nommée Supérieure triennale de la Congrégation des Filles de Marie. C’est la naissance d’un nouvel ordre religieux, qui sera à l’initiative en 1869 de la fondation d’une École Normale à Pesche (l’équivalent de notre école secondaire d’aujourd’hui). De ce fait, beaucoup de religieuses de cette congrégation vont se succéder pour gérer et faire fonctionner notre école. Elles vont finir par la laisser entre les mains d’un directeur et de professeurs ne se proclamant plus nécessairement de confession catholique.

Aujourd’hui, nous avons souhaité en savoir un peu plus sur ce temps résolu et avons donc interviewé deux soeurs de la Congrégation des Filles de Marie :

Organisation du cursus scolaire

Soeur Agnès et Soeur Pascale ont été élèves dans les années 50. Le parcours scolaire se répartissait comme suit : des années d’école moyenne (= les primaires), ensuite une année préparatoire et trois années d’école normale (=les secondaires).Les quatre dernières années n’étaient pas obligatoires d’autant que, aux yeux de la société de l’époque, l’éducation des filles n’était pas très importante. Ce type d’organisation du cursus scolaire a duré jusqu’en 1962, avant le Concile Vatican II, assemblée religieuse qui repense le rôle de l’Eglise et donc de l’enseignement afin qu’il corresponde mieux au monde contemporain. L’école normale a été supprimée en 1983.  A l’époque, l’église avait une place très importante dans la gestion de l’enseignement.

Les conceptions pédagogiques 

C’était le commencement de certains cours spécifiques (histoire, éducation physique, néerlandais et musique) donnés par un instituteur laïc, à la fin des années 50.

Mère Célestine

Mais les professeurs étaient principalement des religieuses des filles de Marie. Elles avaient un esprit très large. Elles tenaient leurs conceptions de la deuxième responsable générale qui s’appelait Mère Célestine (Marie-Amérine Luc), fondatrice de l’école normale en 1869. Celle-ci avait déjà des idées pédagogiques très modernes. Elle voulait que tout le monde puisse aller à l’école et que les plus pauvres intellectuellement soient pris en charge de manière particulière. Elle a instauré un cours d’éducation physique obligatoire, suivant l’antique principe “un esprit sain demande aussi un corps sain”.

L’atmosphère de travail

Le climat était familial. Au total, il y avait cent élèves.  

Les pensionnaires étaient entourées par les religieuses qui s’occupaient de leur travail intellectuel, de leur vie spirituelle et de leur vie affective. Les élèves ne retournaient chez elles que deux fois par trimestre, quelques jours à la Toussaint, aux vacances de Noël, au Carnaval, à Pâques et enfin aux grandes vacances. Donc les professeures représentaient quasiment des deuxièmes mamans pour elles. De plus, l’internat était obligatoire. D’ailleurs lorsqu’il ne le fut plus, seuls les enfants provenant de familles moins aisées y séjournaient encore. Mais, par manque de moyens financiers des parents, l’internat a dû être supprimé dans les années 2000.

 La discipline, c’était une autre histoire !

Nous avons aussi rencontré Madame Baudart. Elle a personnellement connu l’Institut Sainte-Marie de Pesche en tant qu’élève  pour y devenir par la suite professeur de sciences. Aujourd’hui, elle entame sa dernière année d’enseignement. Au cours de toutes ces années, elle a assisté à de nombreux changements significatifs : 

Dans les années 70, il y avait beaucoup plus de respect vis-à-vis des professeurs. Par exemple, les élèves n’osaient quasiment pas demander aux professeurs de reporter une interrogation. Il était impensable pour eux de ne pas faire leurs devoirs et leurs préparations. Au cours de sa scolarité, Madame Baudart n’a eu qu’une seule fois une retenue à cause d’un devoir non fait !  Suivre la discipline était quelque chose de normal. De nos jours, elle constate qu’elle s’amenuise.

 En outre, avant que l’école soit mixte, même si elles savaient faire preuve d’ouverture d’esprit, les soeurs ne toléraient pas que les filles discutent avec des garçons extérieurs à l’école.

Quelques garçons étaient inscrits en option Latin dans les années 60. C’est seulement lors de sa dernière année passée  à l’Institut Sainte-Marie que Madame Baudart a connu la mixité, suite à la fusion avec une école réservée aux garçons

Grâce à ces souvenirs d’anciennes élèves de l’ISM, nous en avons appris davantage sur l’histoire de notre école. 

Nous souhaitons remercier Madame Baudart, Soeur Agnès et Soeur Pascale d’avoir bien voulu témoigner. 

Nous aimerions ajouter que si vous-même, vous avez connu l’école dans votre  passé et que vous souhaitez partager quelques anecdotes ou informations en commentaires, n’hésitez pas !

Cet article a 1 commentaire

  1. Bravo pour l’article ! Quel beau sujet ! J’ai un petit livre sur l’histoire de l’école qui pourrait vous en apprendre davantage… et l’école conserve encore énormément de traces de ce riche passé.

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