Fête des mères, fête des pères : d’où vient cette tradition ?

Fête des mères, fête des pères : d’où vient cette tradition ?

 

Chaque année, la fête des mères et la fête des pères ont lieu à la même date. Mais – cela ne vous aura sûrement pas échappé – le jour est différent d’un pays à l’autre. En nous informant, nous avons aussi découvert qu’il existe des distinctions au sein même de notre pays. La D-Pesche s’est penchée sur ces disparités et fait le tour de la question, depuis les origines jusqu’à la manière dont on célèbre nos chers parents.

     1.Origines

L’origine de la fête des pères est bien moins lointaine que celle des mères. Elle remonterait au Moyen-Âge, à la date de la Saint-Joseph, le 19 mars. 

Cependant c’est aux Etat-Unis qu’elle prend réellement son essor grâce à Sonora Smart Dodd qui va demander en 1909 qu’une journée soit dédiée aux pères, le troisième dimanche du mois de juin. C’est dans l’état de Washington qu’elle a lieu la première fois. Mais c’est seulement en 1966 que le Président Lyndon Johnson l’officialise.

En France, la création de cette fête est plus commerciale. En effet, la société Flaminaire, spécialisée dans la fabrication de briquets, voyant son chiffre d’affaires au plus bas en 1950, a une idée. Le directeur suggère que vu que les mères ont une fête, les pères devraient avoir la leur. La campagne de pub peut commencer : «Nos papas nous l’ont dit, pour la fête des pères, ils désirent tous un Flaminaire ! ». Ce slogan aura un certain succès. L’opération sera relancée chaque année, concrétisant la fête des pères qui ne sera pourtant jamais officialisée.

La fête des mères, elle, remonte à l’Antiquité. Les Grecs honoraient la déesse Rhéa, mère de Zeus, à la  mi-mars.

 Les Romains reprirent cette idée, en célébrant le 1er mars les Matronalia en l’honneur de la déesse de la fertilité. Les mères et filles ayant reçu argent et cadeaux et parées de fleurs s’en allaient au temple de Junon Lucina pour implorer la déesse d’être mises en couches ou au contraire d’en être débarrassées sans mal. Ce privilège était réservé aux femmes mariées. Les autres se voyaient interdire l’accès au temple. Si elles dérogeaient à cette règle, elles avaient l’obligation de sacrifier un agneau à la déesse pour pardonner leur faute.

Par la suite, le culte païen a été supprimé par le christianisme. La figure de la maternité est devenue celle de Marie qui présente un caractère ambigu vu sa virginité restée intacte malgré la naissance de Jésus.  En effet, le quatrième dimanche de carême est célébré le lait maternel mais pas la virginité.

     2. D’un pays à l’autre

La tradition catholique réapparaît au 16ème siècle,  en Angleterre, sous le nom de “Mothering Sunday”. Cette journée donne droit aux domestiques à un jour de repos où ils peuvent se réunir en famille autour de leur mère. Malheureusement, ce congé se transforme vite en rituel uniquement religieux. 

C’est grâce à la ténacité de deux femmes américaines que notre version moderne de la fête des mères s’est propagée partout dans le monde. C’est au départ Julia Ward Howe  qui, suite au décès de sa mère au mois de mai 1907, a voulu instaurer une fête pour les mères le deuxième dimanche de mai. Son idée s’est concrétisée aux Etats-Unis sous le nom de “Mother’s day”. 

Mais, le “Mother’s day”  se popularise  surtout dans d’autres nations dont la Belgique pendant la Première Guerre mondiale, grâce une association qui donne aux soldats de tous horizons la possibilité matérielle d’envoyer une lettre du front à leur mère.

 

L’Amérique a donc contribué au regain d’intérêt pour cette fête. En Belgique, seule la région d’Anvers n’a pas suivi le mouvement international. En effet, c’est le 15 août, jour de Marie dans la religion catholique, qu’a lieu le “moederkesdag”.

En France, Napoléon a émis en 1806 l’idée de fêter les mères, parfois pour les récompenser de leur nombreuse progéniture. Mais en réalité tout comme dans de nombreux autres pays, c’est la guerre qui fixe réellement cette fête partout en France. Le 25 mai 1941, le Maréchal Pétain lors d’un discours conservateur, se montre en faveur d’une fête des mères pour inciter les Français au repeuplement, mais c’est le président de la République Vincent Auriol qui l’officialise en 1950, en fixant la date de la fête des mères au quatrième dimanche de mai car  le deuxième dimanche de mai est déjà dédié à Jeanne d’Arc.

En Allemagne,le “Muttertag”, a été fixé sous la république de Weimar, au deuxième dimanche de mai. Lors de cette journée,  les mères ne travaillent pas et les enfants sont à leurs petits soins. 

En Espagne, le jour de leur fête, les mamans ne doivent pas cuisiner. Elle vont souvent au restaurant avec leur famille où les cuisiniers sont des hommes. Là-bas on leur offre une fleur.

En Serbie, la fête des mères est célébrée avant Noël. Une journée est dédiée à chacun des membres de la famille, une pour les enfants, une pour les pères et bien sûr, une pour les mères. La tradition veut qu’à la date où la personne est célébrée, elle soit faite prisonnière en étant ligotée à l’aide d’une corde ! Elle est seulement libérée après avoir accompli son “devoir” comme par exemple, de donner des friandises et petits cadeaux aux enfants.

En conclusion, dans le monde aujourd’hui se partagent plusieurs façons de célébrer les mamans et les papas, que ce soit par le folklore ou par des pratiques plus commerciales. Mais, toutes ces pratiques ont au final un seul but : remercier nos parents pour l’attention et le dévouement qu’ils manifestent, tout au long de leur vie, pour prendre soin de nous.  

 Article écrit le 30/05/2020 par Anaïs Marsick

 

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