Auschwitz, comment en est-on arrivé là ?

Pour vous plonger dans cet article, je vais vous demander de laisser votre cadre de vie habituel sur le côté pour quelques minutes. Oubliez, pour quelques instants l’école ou votre travail et préparez-vous  à voyager dans le temps.

Vous êtes donc revenu dans le passé. Regardez autour de vous, vous êtes à bord d’un train. Avec vous, dans le wagon, il y a une bonne centaine de personnes. Vos deux parents ainsi que votre petite sœur vous accompagnent. Voilà trois jours que vous avez quitté la Belgique pour une destination inconnue. Tout ce que vous savez, c’est que vous allez vers l’est. Mais voilà, ce voyage n’a rien d’un voyage ordinaire. Vous êtes entassés dans un wagon à bétail, il fait suffocant, vous n’avez plus aucune notion du temps. Debout, vous résistez à l’envie de vous asseoir, le sol est recouvert des excréments de vos compagnons de route qui, comme vous, n’ont plus vu la lumière du jour depuis leur départ.

Soudain, le convoi s’arrête. A l’extérieur du train, vous entendez des bruits de bottes, des chiens qui aboient et des hommes hurler des ordres dans une langue que vous ne connaissez pas.  Quand on vous ouvre, vous êtes déchargés sur le quai comme des animaux. Un soldat parle français, il crie aux personnes affaiblies par le voyage de monter dans les camions. Vous insistez pour que vos parents et votre petite sœur montent à bord de l’un d’eux. Vous ne vous doutez pas que ce moment sera le dernier passé à leurs côtés.

Vous allez devoir partir à pied pour rejoindre votre nouvelle maison. Mais quand c’est une prison qui apparaît face à vous, vous commencez à comprendre que votre sort vous échappe. En passant le porche d’entrée du camp, vous remarquez une inscription au dessus de vous : « Arbeit macht frei », le travail rend libre… Des soldats vous accueillent.  Ils vous font comprendre qu’il faut se déshabiller ; sous le regard des autres, vous vous exécutez, on ne vous en laisse pas le choix. Vous allez aussi devoir prendre une douche commune avec les autres arrivants. Une fois lavé, vous êtes rasé entièrement. Ensuite, on vous donne un uniforme rayé avant de vous tatouer un numéro d’identification sur le bras. on vous a retiré jusqu’à votre nom. L’humanité en vous s’est presque éteinte. On a fait de vous un animal, un insecte, un déchet…

Les premières choses que vous remarquez dans le camp, ce sont les barrières physiques qui vous entourent : les miradors sont postés tous les cent mètres et sont reliés entre eux par de grands murs de fils barbelés. Mais il y a aussi ces corps, tous ces corps qui jonchent le sol. Quand vous entamez la recherche de vos parents, les autres détenus vous montrent les cheminées desquelles s’échappe une fumée noire. Répandant dans l’atmosphère l’odeur insoutenable de la mort.

Votre quotidien dans le camp sera rythmé par les humiliations. L’appel, matin et soir, qui dure des heures, la toilette ainsi que les passages aux latrines qui se font à plusieurs, les lits dans lesquels vous dormez à cinq, six, sept, et la nourriture qui, quand il y en a, est infecte. Tout cela, vous le vivez avec en tête la menace des mystérieuses chambres à gaz dont vous avez entendu parler.

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Maintenant, vous pouvez revenir en 2020. Tout cela paraît fou, n’est-ce pas ? Même impensable ! Mais cela n’a que 75 ans. Le 27 janvier 1945, l’Armée Rouge d’Union Soviétique découvrait les camps d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Et le monde découvrait l’horreur de la Solution finale imaginée par les nazis.

Auschwitz-Birkenau était un complexe de camps de concentration et d’extermination. Le haut responsable allemand Heinrich Himmler a fait construire Auschwitz I en avril 1940. Les travaux ont continué avec l’apparition d’un camp d’extermination (Birkenau) à la fin de l’année 1941, et se sont terminés avec la construction d’un nouveau camp destiné au travail forcé (1942, année à laquelle commença l’extermination systématique des détenus).

En cinq ans, 1.100.000 hommes, femmes et enfants seront assassinés à Auschwitz. Parmi eux, 960.000 juifs, 70.000 Polonais non-juifs, 21.000 tziganes, 15.000 prisonniers de guerre soviétiques et 10.000 personnes non-juives de nationalités variées (dans cette catégorie, on retrouve les opposants politiques au nazisme, les résistants,…). À ces victimes, on peut ajouter les homosexuels et les handicapés qui représentaient aux yeux des nazis un obstacle à la création d’une race allemande pure. Les victimes ont été pour la plupart gazées, mais d’autres sont mortes de maladie, de malnutrition ou de maltraitance. Sans oublier les personnes décédées suite aux expériences atroces des médecins du camp, Joseph Mengele et Carl Clauberg.

 Aujourd’hui, Auschwitz est devenu un lieu de mémoire. Les derniers survivants viennent y raconter aux plus jeunes leur tragique histoire pour que personne n’oublie jamais. Il faut surtout garder en mémoire que tout cela a été mis en place par un Etat. Adolf Hitler et le parti nazi sont arrivés au pouvoir en remportant les élections démocratiquement en Allemagne. Le programme du parti consistait en partie à faire des juifs, à la tête d’un grand complot judéo-bolchévik avec les communistes, les responsables de la misère et de la crise économique allemande d’après la première guerre mondiale.

Faisons un lien avec le présent : les discours de haine faisant croire que l’Autre est la cause de tous vos soucis sont nombreux sur les réseaux sociaux, vous en avez déjà sûrement vu circuler. Dans toutes ces informations, il faut savoir faire le tri, faire preuve d’esprit critique et reconnaitre les fausses informations car le racisme  et le rejet de l’autre mènent bien souvent aux pires atrocités.

En hommage aux victimes et aux survivants,

Lucien Mélon, 5 GTA

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